Partager l'article ! POESIES D`ESPRIT BANTOU: Priere au roi Le roi se réjouit de la compagnie des méchants et des hautains. Il ne l’admet pas, l ...
Priere au
roi
Le roi se réjouit de la compagnie des méchants et des hautains.
Il ne l’admet pas, la vieillesse l’a atteint,
Les chiots qu’il a nourris sont devenus des molosses aux dents féroces,
Il n’a plus la force pour faire régner la justice.
La plaine retentit d’hurlements de supplices.
Les fruits de l’arbre sont continuellement rongés par les oiseaux du ciel.
Des étrangers dévorent notre force et souillent notre nature originelle,
Butin et tribut protégés par des gardiens implacables.
L’éclat de leur richesse sale transforme en prostitués,
Hommes, femmes et enfants par la misère accablés.
Le journalier gémit sous la tâche pour une piètre pitance,
Gardé en mouton sans droits, déchiré si vive résistance.
Les moqueurs raisonnent le juste pour en faire un voleur,
Ils profèrent des mensonges contre son honneur,
Lorsque le cœur du peuple est plein de fureur.
Des hommes au cœur cruel sont aux tours de guet,
Prêts à quérir des mercenaires aux armes affûtés.
Que le Seigneur entende le peuple terrorisé,
Dont la punition est déjà amplement
payée.
Le poème du conquérant bantou
La marche du conquérant obéit aux besoins de son cœur,
Il a tôt sondé ses désirs et choisi. Les embûches qui s’élèvent
Sur sa route sont à la mesure de son flamboyant défi.
La peur peut l’étreindre encore, le courage lui manquer face à l’impossible.
Mais il a surtout appris à ne plus faire trembler sa main quand il frappe et agit.
Il donne alors aux autres l’image d’une muraille d’impavidité au caractère implacable.
C’est cette crainte qu’il inspire, qui détourne de lui la haine manifeste des uns et les soumet à sa loi.
Et c’est la fermeté de sa volonté surtout quand elle s’accompagne d’héroïsme et de noblesse d’âme qui pousse à l’admiration et à la soumission indéfectible non pas à sa loi mais à sa foi.
Car le sentiment supérieur gagné, fait que la loi n’est plus un joug pénible,
Mais une certitude faite d’espoir.
Ces sentiments sont au conquérant une récolte à continuer de cultiver ;
A celui qui le craint faire comprendre le besoin d’une ferme direction,
A celui qui l’aime faire percevoir l’élévation.
Il se doit alors sans être parfait, être un homme toujours prêt à modeler, tailler, sculpter dans le cœur des hommes.
Et c’est parce qu’il forme autant d’esprits qu’il prend à lui toutes les récompenses d’un peuple : bénédictions, malédictions et espérances.
Sa responsabilité est incommensurable, qu’il prenne donc garde à son poids et à sa mesure.
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