Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 15:40
- Publié dans : Debat social et du travail
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Je voudrais parler du cas de quelqu’un qui a été injustement arrêté la semaine dernière pour des simples présomptions, uniquement parce qu’il a des capacités de meneur d’hommes et une réputation bien établie d’homme fort et rebelle.

 

« Dacko » est une légende vivante locale de la ville de Port-Gentil. Il a la quarantaine et pratique les arts martiaux depuis plus de trente ans. C’est un costaud qui dépasse 1,88 pour 105 kg, et qui est actuellement ceinture noire 4ème dan d’Hapkido. Il anime à Port-Gentil des dojos depuis plus de 20 ans et a formé toute une génération de ceintures noires. Actuellement il enseigne un peu moins et s'est lancé dans des recherches en arts martiaux internes. Mais quand il organise des activités martiales, il rassemble facilement près de 500 pratiquants. C’est une légende locale car il a du à de maintes occasions se défendre contre de nombreux adversaires ou à défendre d’innocentes victimes qui n’ont vu que lui comme ultime recours. Il a joint récemment l’ANB de Séraphin Ndaot, après avoir longtemps milité dans divers mouvements d’opposition, c’est un responsable des jeunes qui est à certaines occasions chargé du service d’ordre.

Lors des évènements malheureux qui ont eu lieu entre le 2 et le 3 septembre, la prison de POG a été prise d’assaut par des manifestants tandis qu’en même temps de l’intérieur une évasion massive de prisonniers s’opérait. Aux yeux des autorités, il fallait forcément que la foule ait un meneur. Et le meneur désigné a été évidemment le légendaire Dacko, qui pendant se temps là dormait du sommeil du juste.

Il est la victime d’un complot, car deux officiers de gendarmerie de la brigade de recherche de POG avaient un vieux compte à régler avec lui et l’ont donc désigné à leurs supérieurs sur la base de faux témoignages obtenus d’ex-prisonniers (sieurs Evoum et Angara). La petite histoire, c’est qu’à l’époque où les permis de conduire n’étaient plus délivrés, des taximen pouvaient circuler avec des permis-macarons pourtant dument délivrés par l’administration. Plus tard le ministère n’a plus reconnu leur validité temporaire, sans pour autant énoncer de sanctions aux possesseurs. Mais ces gendarmes ont monté une combine, celle de courir après les possesseurs de permis-macarons, leur faire croire qu’ils risquaient la prison. Ils arrivaient ainsi à extorquer jusqu’à 500 000 FCFA aux malheureux qui étaient des étrangers pour la plupart. Dacko a eu à s’opposer à leur racket, jusqu’à les dénoncer à leurs supérieurs. Depuis, ces gendarmes ont conçus une haine féroce et les évènements récents leur ont donnés l’occasion de l’envoyer au trou. Il a été convoqué à la brigade mercredi 9 à 16 h et mis dans un cachot infâme jusqu’au lendemain 17h30 où on l’a transféré à la prison de la base de la Marine, à côté du PC crise coordonné par le chef du poste de Contre-ingérence et de la sécurité militaire (appelé familièrement le B2). C’est le lieutenant-major du B2 qui diligente les enquêtes, quant aux instigateurs des émeutes, ce sont en somme des missions de renseignements généraux. Quand on l’avait arrêté il était en période de jeûne (car il est un fervent musulman non fanatique) et après 48 h sans manger, sans compter un accès de diabète car il n’avait plus pris son insuline, il se sentait de plus en plus mal. Mais le soir arrivé, dans un cachot parmi 30 tolards qui pouvait entendre ses appels à l’aide ? Il a donc concentré ses dernières forces de sensei et à 3h du matin il s’est évadé de la prison, torse et pieds nus, grâce à l’utilisation de méthodes martiales secrètes. Il a traversé la moitié de la ville qui grouillait de soldats dans les rues. Rentré chez lui, sa maison était désertée. Il a du défoncer la porte pour accéder à ses médicaments et se faire ses injections d’insuline. Le lendemain matin, il a senti un accès de fièvre palustre et à dû recevoir des injections anti-malaria jusqu’au Samedi dans un lieu secret. Pendant ce temps, à la prison c’était la panique, cette évasion inexplicable a failli couter sa carrière au chef. Mais Dacko, en honnête citoyen ne voulait pas passer traqué les semaines futures. Il voulait faire la preuve de son innocence quitte à endurer des journées pénibles, sentant ses forces revenir est retourné de lui-même à la prison, expliquant qu’il avait dû s’évader parce que c’était pour lui une question de vie ou de mort. Légalement sa situation, ne faisant l’objet d’aucun mandat de dépôt, son évasion n’est donc passible d’aucune infraction pénale. Depuis samedi soir jusqu’à maintenant il est toujours dans sa prison attendant la décision du procureur. L’enquête sur la véracité des accusations à été faite et son innocence est manifeste. Nous souhaitons que pour des considérations politiques il ne restera pas exagérément et injustement emprisonné. Il n’a reçu aucun soutien de la part de son parti, alors que les responsables locaux de l’ANB sont tous informés.

Le voici dans sa prison très amaigri et avec un palu persistant.

Communauté : Terre d'Afrique - Par Toto RENGONDO
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